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Annulation du mariage en droit français : causes, procédure et conséquences juridiques

Publié le : 10/06/2026 10 juin juin 06 2026

La validité du mariage suppose le respect de conditions de fond et de forme strictement encadrées par le droit civil. Lorsque ces exigences ne sont pas réunies, il est possible de solliciter l’anéantissement du lien conjugal par la voie de l’annulation du mariage. À la différence du divorce, cette action tend à faire disparaître rétroactivement l’union, comme si elle n’avait jamais existé.

Dans quels cas la validité du mariage peut-elle être contestée ?

L’annulation repose sur des causes limitativement admises. Elle peut d’abord être fondée sur un vice du consentement. L’erreur, les violences ou les manœuvres ayant altéré la liberté matrimoniale constituent des hypothèses de nullité relative, l’action étant destinée à protéger l’époux dont le consentement n’a pas été libre et éclairé. D’autres irrégularités relèvent de la nullité absolue, en raison de l’atteinte portée à l’ordre public matrimonial. Sont notamment visés l’absence de consentement, le défaut de majorité, la célébration en l’absence de l’un des époux, la situation de bigamie, l’existence d’un lien de parenté prohibé ou encore l’absence d’intention matrimoniale réelle, caractéristique du mariage blanc.

Qui peut agir et dans quels délais ?

La qualité pour agir dépend de la nature de la nullité invoquée. En présence d’un vice du consentement, l’action appartient principalement à l’époux concerné. En matière de nullité absolue, toute personne justifiant d’un intérêt à agir peut saisir le tribunal judiciaire, y compris un membre de la famille ou le procureur de la République. Les délais diffèrent également. L’action en nullité relative doit être engagée dans un délai de cinq ans à compter de la célébration ou de la découverte du vice. La nullité absolue peut être poursuivie pendant trente ans à compter de la célébration.

Quels sont les effets d’une annulation du mariage ?

L’annulation produit un effet rétroactif : les époux sont réputés n’avoir jamais été mariés. Les droits attachés au statut matrimonial disparaissent, notamment en matière successorale ou de pension de réversion. Une atténuation est toutefois prévue par l’article 201 du Code civil, qui consacre la notion de mariage putatif. L’époux de bonne foi peut conserver certains effets du mariage annulé. En tout état de cause, l’annulation demeure sans incidence sur la situation des enfants. Conformément à l’article 202 du Code civil, ils conservent leur statut et les parents demeurent tenus de leurs obligations.

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